Ordonnance de police du gouverneur et des échevins de la ville de Marseille (fermeture des cabarets), 24 février 1722, Marseille, Archives municipales, 1 BB 1198. © Archives municipales de Marseille

La police des Lumières

Au XVIIIe siècle, la police est une idée neuve en Europe.

Les villes d’Europe, en pleine expansion et au centre d’intenses transformations politiques, socio-économiques et culturelles, sont confrontées à des problèmes identiques : l’insalubrité, l’approvisionnement, des circulations croissantes d’hommes et de marchandises. Pour les princes et les autorités urbaines, la police devient un nouveau mode de gouvernement des villes. Pour les princes et les autorités urbaines, la police devient un nouveau mode de gouvernement des villes.

Paris occupe une place de choix dans cette histoire, car Colbert et Louis XIV ont doté la plus grande ville du royaume d’un lieutenant de police dès 1667. Mais la modernité policière n’a pas eu qu’un seul et unique laboratoire : les transformations parisiennes sont inséparables de celles des autres villes françaises et des capitales européennes, de Londres à Naples, en passant par Genève et Madrid. Le Siècle des Lumières est en matière de police un moment d’échanges intenses, de réflexions et d’expérimentations.

L’exposition entend raconter ce chapitre inédit de l’histoire du gouvernement des hommes en Europe, en présentant les hommes chargés du « bon ordre » et la naissance des métiers de police : apparition des policiers professionnels et spécialisés, dont les premiers « détectives ».

L’exposition embrasse aussi l’immense périmètre des « matières de police » ; en effet, dans une conception très large du maintien de l’ordre, la police touche aux domaines les plus divers, des règles du travail et du marché jusqu’aux bonnes mœurs, de la lutte contre le vol à la propreté des rues, de la surveillance de l’opinion à la santé publique.

Enfin, l’exposition accorde une place particulière aux gestes et aux mots des hommes et des femmes du peuple, et à leurs sentiments mêlés, entre attentes de justice, craintes et colères, à l’égard d’une police qui se veut porteuse d’ordre et de « civilisation ».